Légionnaires du Christ : le cinquième vœu (5)
Le 19 mai 2006, un an après le remplacement du père Maciel par le père Alvaro Corcuera, le saint-siège annonçait qu’il renonçait à tout procès canonique contre le fondateur âgé et malade et, sans prendre directement position sur les faits qui lui étaient reprochés, l’invitait à se retirer dans la prière et la pénitence en renonçant à tout ministère public. Le P. Maciel mourut le 30 janvier 2008 à 88 ans et fut discrètement inhumé dans le cimetière de son village natal. Auparavant, en 2007, le pape avait relevé les Légionnaires de leur fameux « cinquième vœu ». Les Légionnaires faisaient 5 vœux religieux : les 3 vœux traditionnels de pauvreté, chasteté, obéissance, plus un vœu d’obéissance au pape semblable à celui des jésuites, et en outre un cinquième vœu par lequel ils s’interdisaient toute ambition ecclésiastique et aussi toute critique des actes de leurs supérieurs. Est-ce la raison pour laquelle d’autres faits remontèrent alors à la surface ? Le P. Maciel aurait eu deux filles et peut-être un fils, en tout cas de nombreuses liaisons avec des femmes de tous âges. Le 5 février 2009, le porte-parole des Légionnaires du Christ aux Etats-Unis a confirmé sa liaison avec une jeune femme dont il a eu une fille. Des accusations parlent de ses « complicités » avec des dames bienfaitrices. Tout est-il vrai ? Le fait est que l’extraordinaire charisme de séduction du Padre, doublé d’une personnalité irrésistible, lui a acquis de nombreux appuis de dames, la plupart du temps très riches, qui lui ont procuré des sommes considérables. Le pape Benoît XVI ira jusqu’au bout, disions-nous en commençant ces brèves. Pour le bien des Légionnaires : en annonçant la visite apostolique, le cardinal Bertone a précisé que le Saint-Père était « conscient des hauts idéaux qui les... 
D’un mur à l’autre…
La presse israélienne a regretté que Benoît XVI évoque le « mur de sécurité », qui sépare Israël des territoires palestiniens, sans parler du terrorisme islamiste. « Pire » encore, le Pape a appelé à abattre les murs entre les hommes – signe non équivoque de son « angélisme », voire de son « anti-sionisme ». Il a critiqué devant les autorités palestiniennes ce mur « qui fait intrusion dans vos territoires ».   Tout d’abord, il faut préciser que, contrairement à ce qui a parfois été dit, cette évocation n’a pas eu lieu devant le mur lui-même, mais au palais présidentiel de Bethléem, le 13 mai.   Ensuite, la déclaration était bien davantage spirituelle que politique : « Bien que les murs peuvent être facilement construits, a déclaré le Pape, nous savons qu’ils ne subsistent pas toujours. Ils peuvent être abattus. Il est d’abord nécessaire d’ôter les murs construits autour de nos cœurs, les barrières érigées contre nos voisins. »   Mais, surtout, il est clair que la « barrière de sécurité » peut être momentanément une protection pour les populations israéliennes contre le terrorisme islamiste, mais  qu’elle ne pourra jamais résoudre le conflit. A terme, il faudra bien songer à la paix entre Israéliens et Palestiniens et il faudra bien abattre ce mur. Le Pape n’a fait que proférer une évidence.   C’est d’ailleurs tellement évident que Shimon Peres, président de l’Etat hébreu, interrogé ce même 13 mai par l’Osservatore romano, a lui aussi déclaré : « En définitive, personne ne veut de murs, pour lesquels tout le monde paie un prix élevé ». Et encore : « Avant tout, nous devons ouvrir les frontières et les coeurs pour permettre... 
Le saint-siège et Israël
Le pape Benoît XVI a eu l’occasion, au cours de son voyage en Terre sainte, de répéter quelques grands principes gouvernant l’action diplomatique du saint-siège dans cette partie du monde, si cruciale pour l’histoire et l’actualité du christianisme. Il est désormais acquis que le saint-siège reconnaît la légitimité d’Israël (c’était le cas depuis longtemps, mais cela a été officialisé par l’ »Accord fondamental » du 30 décembre 1993 entre le Vatican et l’Etat d’Israël). La question qui se pose alors est double: 1) Quelle doit être la capitale de l’Etat hébreu (Jérusalem, comme le veut Israël, ou Tel Aviv comme le veut la quasi-totalité de la communauté internationale)? Et, corollairement, quel doit être le statut de Jérusalem? Sur ce thème, lesaint-siège continue à privilégier un statut international pour la Ville sainte 2) Quelles doivent être les frontières de l’Etat d’Israël? Le saint-siège continue à contester les annexions israéliennes de 1967 (notamment celle de Jérusalem Est). Dans ce cadre, le statut de la bande de Gaza et de la Cisjordanie, également annexées en 1967, est également susceptible de discussion (l’annexion de ces territoires en 1967 n’a pas été reconnue par l’ONU, mais, depuis, Israël et les autorités palestiniennes ont posé les bases d’un accord sur une autonomie progressive et la communauté internationale semble décidée à laisser les parties en présence s’accorder sans maintenir ses propres exigences juridiques). Sur la question de Jérusalem, rien de nouveau n’apparaît dans les déclarations publiques de Benoît XVI, lors de son pèlerinage en Terre sainte de mai 2009. En revanche, le Pape a déclaré le 13 mai, à Bethléem, aux autorités palestiniennes, et tout spécialement à Mahmoud Abbas, président de l’Autorité... 
Les bourdes de Lombardi
J’ai parlé, voici quelques jours, de la bourde du RP Lombardi sur l’appartenance du Pape aux Jeunesses hitlériennes, mais cette bourde n’est que la dernière de nombreuses erreurs (volontaires ou non). Deal Hudson, directeur d’Inside Catholic, un important site catholique américain d’informations (http://insidecatholic.com/Joomla/), en a récemment répertorié six, massives, au cours de l’année qui vient de s’écouler: 1) Volant vers le Brésil, le 9 mai 2007, Benoît XVI avait été interrogé par des journalistes sur l’excommunication des hommes politiques mexicains qui venaient de légaliser l’avortement. Il avait répondu, conformément à la loi de l’Eglise: « Oui. Cette excommunication n’est pas quelque chose d’arbitraire, mais est prévue par le Code [de droit canonique]. L’incompatibilité entre le meurtre d’un bébé innocent et la communion au corps du Christ appartient simplement à la loi de l’Eglise. » Le père Lombardi s’était alors (simplement!) permis de supprimer le « Oui » du pape à la question, au motif qu’aucune excommunication n’était encore en vigueur! 2) En novembre 2008, Benoît XVI s’adressa à la Conférence internationale sur la transplantation d’organes. Cette conférence, patronnée par l’Académie pontificale pour la Vie, avait été sévèrement critiquée par plusieurs médecins et moralistes catholiques, notamment pour son manque de distance à l’égard de la notion moderne de « mort cérébrale ». Le Pape déclara, à cette occasion, qu’il ne devait, en matière de prélèvement d’organes sur des morts, pas « y avoir le plus petit soupçon d’arbitraire » et que le « principe de précaution [devait] prévaloir ». ... 
Légionnaires du Christ : les soldats de Jean-Paul II (4)
Le 20 janvier 2005, on apprenait que le Père Maciel, supérieur des Légionnaires du Christ pendant plus de 64 ans, ne serait pas renouvelé dans sont mandat. Depuis plus de 10 ans, circulaient à son sujet les bruits et rumeurs les plus alarmants. Comment, malgré tout, les Légionnaires se maintinrent-ils en grâce ? Il faut dire que, outre tout ce que nous avons énuméré, ils dirigeaient 9 universités au Mexique, une à Madrid, une au Chili, une à Rome. Reconnus par l’ONU comme ONG, ils œuvraient partout : écoles gratuites dans les zones les plus pauvres en Amérique, en Espagne, en Bosnie… ; Centres familiaux (FAME au Mexique, FAMILIA aux États-Unis, DIFen Espagne)… Le P. Marcial avait largement contribué au succès de la visite triomphale de Jean-Paul II au Mexique. Ce dernier, à plusieurs reprises, avait ordonné des légionnaires dans la basilique St-Pierre. Mais, en 1995, une plainte à la Congrégation pour la Doctrine de la foi a été déposée contre le supérieur, l’accusant d’abus sexuels pédérastiques sur de jeunes membres de la congrégation. On parlera bientôt aussi de liaisons féminines multiples. Comme souvent, dans les scandales de ce type, il y aurait eu des glissements vers l’un des délits sanctionnés le plus gravement par le droit de l’Église, celui de « l’absolution du complice » (le prêtre qui a commis un péché d’ordre sexuel absout ensuite celui avec lequel il l’a commis). L’appui imprudent, qui a perduré jusqu’à l’accession de Benoît XVI au souverain pontificat, ne peut s’expliquer que par la faveur de Jean-Paul II aux œuvres les plus vivantes. Pouvait-on croire capable de ces abus, le créateur d’un diocèse mexicain, Chetumal-Cancun, avec évangélisation systématique de cette région misérable, le bâtisseur de nombreuses églises, le créateur d’un impressionnant réseau... 
Les trois propositions de Rome à la FSSPX
De 2001 à 2009, Rome a fait trois propositions successives à la FSSPX pour « officialiser » son statut. Ces propositions ont été faites au nom du pape (Jean-Paul II, puis Benoît XVI) par le cardinal Castrillon-Hoyos dans sa capacité de président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, une charge qu’il va devoir quitter en juillet prochain – non sans amertume, car il n’a pu régler le “dossier FSSPX”. Voyons les trois propositions, comme on peut les reconstituer avec les déclarations et les indiscrétions des protagonistes. Première proposition. L’Administration apostolique. C’est ce que propose le cardinal Castrillon à Mgr Fellay en février 2001, après le pèlerinage réussi – et remarqué – de la FSSPX à Rome en août de l’année précédente pour l’Année Sainte. Cette proposition accordait à la FSSPX tous les droits d’un diocèse de dimension mondiale pour elle-même et toutes les communautés rattachées. Un “super Campos” ! Mais Mgr Fellay exige deux préalables : l’autorisation pour tout prêtre de célébrer la messe traditionnelle et la levée des excommunications frappant les quatre évêques consacrés sans mandat pontifical par Mgr Lefebvre en 1988. Deuxième proposition. La Prélature personnelle universelle. Après l’audience accordée par Benoît XVI à Mgr Fellay en août 2005, en présence du cardinal Castrillon-Hoyos, il fut convenu des deux côtés de « procéder par étapes ». Le 7 juillet 2007, le pape décrète par son Motu Proprio Summorum Pontificum que tous les prêtres catholiques de rite latin peuvent célébrer la messe selon le Missel de 1962. Tout début juin 2008, Mgr Fellay est reçu à la Commission Ecclesia Dei. On lui demande d’éviter toute polémique contre le pape et il se voit informé qu’on va lui proposer une Prélature personnelle universelle : les quatre évêques recevraient des « titres » officiels, toutes... 
Les réseaux du cardinal Sodano (1)
Les brèves qui vont suivre n’apprendront rien à des lecteurs italiens, qui ont pu suivre dans le détail les affaires que nous allons relater dans les journaux de la Péninsule. Mais les Français ignorent souvent ces détails. Pourtant, ces derniers éclairent la période qui a précédé l’actuel pontificat… et qui l’handicapent par ses séquelles! Le cardinal Angelo Sodano, de 1988 à 2005, sous le pontificat de Jean-Paul II, comme Substitut du Secrétaire d’État, puis comme Secrétaire d’Etat, a été un des hommes les plus puissants de l’Église romaine. Cet homme politique d’envergure, peu regardant sur les moyens, souvent comparé à Mazarin, a accompagné la fin de la guerre froide, avec la fin de l’empire soviétique, et aussi la fin de la Démocratie chrétienne italienne qui vivait de cette guerre froide. A la différence du cardinal Casaroli, homme de l’Ostpolitik, piloté par le cardinal Silvestrini, Sodano a toujours été politiquement en phase avec le pape Wojtyla : adversaire en Amérique latine de la théologie de la libération, où il a fait une grand partie de sa carrière. Son alliance actuelle avec le camp Silvestrini, Kasper, etc., est semblable à l’alliance stratégique du cardinal Re, lui aussi homme de droite, avec ce même camp. Un des pivots de la clientèle de Sodano est le cardinal Francesco Marchisano. Prêtre de Turin, il a été pendant près de 20 ans sous-secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique (où semblent avoir été étouffés tous les avertissements concernant les affaires de pédophilie; parfois même, murmure-t-on, avec des sanctions pour les informateurs…). Il s’est occupé du Patrimoine culturel de l’Église, de la Commission pour l’Archéologie sacrée, de la Commission pour l’Héritage culturel de l’Église, a dirigé la Fabrique de St-Pierre, pour enfin présider... 
L’avenir de la Commission Ecclesia Dei
Benoît XVI a publié, le 10 mars, une lettre aux évêques concernant la « désexcommunication » des évêques de la Fraternité St Pie X. Depuis, les commentateurs s’interrogent sur les décisions concrètes.   Tout d’abord, cette lettre donne raison aux traditionalistes : elle parle du « danger d’un schisme » à propos des sacres épiscopaux de 1988. Danger d’un schisme, c’est-à-dire pas schisme réel – contrairement à ce que disaient depuis longtemps les mass médias.   Par ailleurs, cette lettre prend quelques décisions pratiques. La plus importante se trouve dans ce paragraphe : « À la lumière de cette situation, j’ai l’intention de rattacher à l’avenir la Commission pontificale « Ecclesia Dei » – institution compétente, depuis 1988, pour les communautés et les personnes qui, provenant de la Fraternité Saint-Pie X ou de regroupements semblables, veulent revenir à la pleine communion avec le Pape – à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Il devient clair ainsi que les problèmes qui doivent être traités à présent sont de nature essentiellement doctrinale et regardent surtout l’acceptation du Concile Vatican II et du magistère post-conciliaire des Papes. Les organismes collégiaux avec lesquels la Congrégation étudie les questions qui se présentent (spécialement la réunion habituelle des Cardinaux le mercredi et l’Assemblé plénière annuelle ou biennale) garantissent l’engagement des Préfets des diverses Congrégations romaines et des représentants de l’Épiscopat mondial dans les décisions à prendre. On ne peut geler l’autorité magistérielle de l’Église à l’année 1962 – ceci doit être bien clair pour la Fraternité. Cependant, à certains de ceux qui se proclament comme de grands défenseurs du Concile, il doit aussi être rappelé que Vatican... 
La messe traditionnelle, fondement du dialogue interreligieux!
  Le voyage de Benoît XVI en Terre sainte a été d’une rare densité, du 8 au 15 mai : une pleine semaine de pèlerinage, d’exhortation au courage (et au martyre) pour nos frères chrétiens d’Orient, de tête-à-tête avec les autorités politiques de Jordanie, d’Israël et de Palestine, de conversations intellectuelles avec différents responsables religieux… Parmi les discours négligés par les médias français (ou partiellement censurés par certains de nos confrères de la presse catholique!), un texte est particulièrement intéressant, compte tenu notamment de la personnalité de son auteur : le discours du prince jordanien Ghazi Bin Muhammed Bin Talal, dans la mosquée d’Amman, le samedi 9 mai. Le prince Ghazi est un cousin du roi Abdallah II. Il est surtout conseiller de ce dernier pour les affaires religieuses. Rappelons au passage que la famille royale de Jordanie, les Hachémites, descend de Mahomet et qu’elle a, à ce titre, une importance particulière dans l’opinion islamique. Surtout, le prince Ghazi est l’un des principaux signataires de la fameuse lettre des 138 dignitaires musulmans qui, refusant le « lynchage médiatique » à l’encontre de Benoît XVI, après le discours de Ratisbonne (12 septembre 2006), a relevé le gant d’un dialogue rationnel entre islam et catholicisme. Le prince a accueilli le pape à travers quatre aspects de sa propre personnalité (comme descendant de Mahomet, comme hôte de cette mosquée d’Amman, où Mahomet avaient invité les chrétiens à prier, comme Arabe et comme Jordanien) et à travers quatre aspects de la personnalité de Benoît XVI :   - Je reçois en vous le leader spirituel, souverain pontife et successeur de Pierre pour 1,1 milliard de catholiques... 
Fides et ratio
Le pape Benoît XVI a déjà montré à maintes reprises (dans son discours de Ratisbonne, dans son discours aux Bernardins…) qu’il entendait demeurer le théologien de haut niveau qu’il est depuis une cinquantaine d’années. Même les difficultés et les fatigues de son voyage en Terre sainte ne l’ont pas éloigné de cette préoccupation constante. C’est ainsi que, le 10 mai, il a posé la première pierre de l’université catholique (fondée par le patriarcat latin de Jérusalem) de Madaba en Jordanie, petite ville de 60 000 habitants, à une trentaine de kilomètres au sud d’Amman, à l’est de la Mer morte. A cette occasion, il a prononcé un discours reprenant quelques thèmes « ratzingériens » importants. Au coeur de son discours, Benoît XVI nous a offert un petit condensé de sa pensée sur la quête de la vérité, les relations entre foi et raison, les rapports entre foi et violence ou entre foi et liberté, l’indispensable regard éthique sur la science… « Croire en Dieu, a déclaré le pape, ne dispense pas de la recherche de la vérité ; tout au contraire, cela l’encourage.Saint Paul exhortait les premiers chrétiens à ouvrir leur esprit à « tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d’être aimé et honoré, tout ce qui s’appelle vertu et mérite des éloges » (Ph 4, 8). Bien sûr, la religion, comme la science et la technologie, comme la philosophie et toutes les expressions de notre quête de la vérité, peut être corrompue. La religion est défigurée quand elle est mise au service de l’ignorance et du préjugé, du mépris, de la violence et des abus. Dans ce cas, nous ne constatons pas seulement une perversion de la religion mais aussi une corruption de la liberté humaine, une étroitesse et un aveuglement de l’esprit. Il est clair qu’une telle issue n’est... 

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