Le déclin doré du cardinal Sodano (3) : Laghi, le faux compétiteur
Post par Guillaume de Thieulloy dans
Curie le 26/08/09 |
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Autre sodanien, le cardinal Pio Laghi, décédé au début de l’année, était à dire vrai, à l’origine,
bien plus un homme du cardinal Silvestrini (autrement dit de la « gauche » vaticane). Et, cependant, il joua sans état d’âme pour le camp Sodano, lequel a d’ailleurs toujours
maintenu des liens et des ponts avec le camp Casaroli/Silvestrini.
Bien plus Américain que le cardinal Martino, dont j’ai parlé dans mon dernier article sur les réseaux du cardinal
Sodano (voir ici), le cardinal Laghi fut pour Angelo Sodano une espèce de compétiteur,
mais en apparence seulement. Il est possible que Jean-Paul II, après l’effondrement du communisme, au moment du grand tournant de 1990, ait pensé à choisir le pro-nonce aux Etats-Unis,
Laghi, pour remplacer le cardinal Casaroli, l’homme de l’Ostpolitik, à la Secrétairerie d’État. Mais comme on sait, ce fut le Angelo Sodano, Substitut pour les Relations avec les États, qui fut
préféré.
Pio Laghi, était un Romagnol, comme le cardinal Silvestrini, né en 1922 près de Forli. Entré à la Secrétairerie
d’État en 1952, ce diplomate-né eut des postes au Nicaragua et en Palestine en 1969, où il se trouva au moment de la Guerre des Six jours. Nonce en Argentine de 1974 à 1980, de concert avec
Sodano qui était nonce au Chili (de 1977 à 1988), il fit office de médiateur, au nom du Saint-Siège, pour mettre fin au conflit entre les ennemis de toujours, l’Argentine et le Chili, à propos de
leur sempiternel conflit frontalier sur les îles de la Terre de Feu. Le traité sera ratifié par les deux pays le 2 mai 1985.
Mgr Laghi avait déjà quitté l’Argentine pour les Etats-Unis, où il était nommé délégué apostolique en 1980, avec
mission de remodeler l’épiscopat selon la ligne wojtylienne (faisant nommer notamment les futurs cardinaux Law et O’Connor). C’est là qu’advint...