Les finances du Vatican après Marcinkus (1) : la lignée démo-chrétienne des Sodano
Les Sodano étaient une honorable famille d’Asti, militant dans les œuvres de l’Église et de la Démocratie chrétienne depuis la fin de la guerre. Giovanni, fier de ses origines paysannes, le père, avait été député. Delfina, la mère, une sainte femme. Le Pape Jean-Paul II rendra un hommage marqué à la famille du cardinal en venant visiter la maison paternelle lors d’un voyage pontifical dans la région. Mais les temps ont changé et les mœurs politiques aussi. C’est le frère du cardinal, député lui aussi de la Démocratie chrétienne, l’ingénieur Alessandro Sodano (père d’Andrea et de Guido, dont j’ai déjà parlé), qui va enclencher le tournant financier dans la vie du cardinal son frère. Car en 1991, un groupe de magistrats milanais, guidé par Antonio Di Pietro, entame une enquête qui mettra à jour le fait que tout l’État italien se fondait en fait sur un système de corruption développé dans tous les partis, spécialement les deux plus importants, le Parti Socialiste Italien et la Démocratie Chrétienne, le système des tangenti , des « pourcentages ». Les sociétés et entreprises privées, avant de mettre en œuvre un projet, devaient s’accorder avec des politiciens moyennant finances, qui alimentaient les caisses des partis, leur personnel, leurs coopératives, leurs journaux, etc., et aussi les besoins privés et/ou publics – on s’y perd vite si vite! – des hommes politiques eux-mêmes. Et puis, il y avait le système génial de la lotisation, qui accordait à chaque parti, en fonction de son importance, son lot de hauts, moyens et petits fonctionnaires, de buralistes, d’instituteurs, de personnel de télévision, etc.   C’était toujours des décisions politiques qui donnaient la possibilité à ces entreprises de faire les travaux pour l’État ou les collectivités publiques. Rien donc ne se passait... 
Benoît XVI, saint Paul et la science
A l’occasion des premières vêpres de la fête de saint Pierre et saint Paul qu’il présidait dans la basilique saint Paul hors les murs, dimanche 28 juin, Benoît XVI a confirmé l’information qui circulait depuis quelques mois: la science vient de prêter main-forte à la Tradition, au sujet du tombeau de saint Paul. Comme on sait, la basilique saint-Paul hors les murs est bâtie sur le lieu présumé du supplice de l’Apôtre des nations. Depuis des siècles, la Tradition y vénère les restes de l’une des deux colonnes de l’Eglise romaine. Et, de la même façon que pour saint Pierre au Vatican, bon nombre d’historiens depuis le XIXe siècle ont récusé le témoignage de la Tradition. Mais, de même que pour saint Pierre, les fouilles archéologiques et les analyses scientifiques, bien loin de « prouver » l’erreur de la Tradition, tendent plutôt à la confirmer. Certes, la foi catholique ne serait pas en danger s’il venait à être prouvé que saint Pierre ou saint Paul ne sont pas enterrés sous les basilique qui portent leurs noms. Mais il est réjouissant que la science vienne infirmer les thèses des « esprits forts »! Concrètement, dans le cas de saint Paul, le Pape a autorisé l’ouverture de son tombeau, au cours de l’année sainte. Un certain nombre de détails archéologiques (présence d’un tissu précieux et de grains d’encens, attestant l’importance de la personnalité enterrée dans ce sarcophage) et une analyse de fragments osseux au carbon 14 ont confirmé qu’il s’agissait d’une personnalité importante ayant vécu entre le premier et le deuxième siècle de notre ère. Certes, saint Paul n’est pas seul à correspondre à ce portrait; mais, du moins, est-il clair que le tombeau que la Tradition lui attribue n’est pas un tombeau datant de la construction de la basilique... 
Bientôt une nouvelle encyclique!
Lors de l’Angélus récité pour la solennité de saint Pierre et saint Paul, ce 29 juin, le Pape a annoncé la publication prochaine de l’encyclique attendue depuis plusieurs mois: « Caritas in veritate ». Cette encyclique, la troisième de Benoît XVI, portera sur la doctrine sociale de l’Eglise. Elle devrait être datée du 29 juin et serait présentée par le cardinal Renato Martino, président du conseil pontifical Justice et Paix en début de semaine prochaine, le 6 ou le 7 juillet.  Lire plus →
Curie: les oppositions entre cardinaux sont vives selon Panorama…
La presse catholique française n’est pas seule à signaler les oppositions entre cardinaux de la Curie romaine… Hier, vendredi 26 juin, un article paraissait dans l’hebdomadaire italien Panorama. Je n’ai pas eu le temps de le lire intégralement, mais voici quelques-unes des informations qu’il donne. Des cardinaux de la Curie sont en désaccord sur plusieurs questions d’importance comme le dialogue avec la Chine communiste, les relations avec les Juifs et même sur l’opportunité de la béatification du pape Jean-Paul II. L’hebdomadaire évoque encore le « duel » qui oppose l’ancien secrétaire d’Etat Angelo Sodano et le cardinal Dziwisz, l’ancien secrétaire particulier de Jean-Paul II, ainsi que les tentatives du cardinal Silvestrini pour saper l’autorité du cardinal secrétaire d’Etat Bertone. Panorama y voit des manœuvres destinées à paralyser le Souverain Pontife et à préparer un… conclave. Sans doute est-ce vrai pour la première partie de l’analyse, mais pour ce qui est de la seconde, tous les examens médicaux auxquels s’est récemment soumis Benoît XVI sont bons. Une telle agitation, filtrant dans la « grande » presse, ne voudrait-elle pas plutôt dire que le pape s’apprête à reprendre la main et que certains ont, de ce fait, beaucoup à craindre? Panorama affirme également que rien ne va plus entre le cardinal Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et le cardinal Cañizares, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements.  Lire plus →
Un été chaud se prépare pour le Concile…
A la fin d’un article du 11 mai sur les conversations doctrinales préliminaires informelles qui ont déjà eu lieu entre le Saint-Siège et la FSSPX je remarquais que le cardinal Ratzinger et le pape Benoît XVI utilisaient l’évolution de l’affaire « lefebvriste » pour faire « rentrer » les principaux adversaires de ce Concile en s’aidant de cette « rentrée » pour imposer une certaine réception de Vatican II. Je ne croyais pas si bien dire! Un mois plus tard, toutes les informations et toutes les analyses du jeu qui se déroule entre Mgr Fellay et le Saint-Père confirment : 1°/ Que s’il n’y a pas de dialogue diplomatique direct entre la FSSPX et le Saint-Siège – sauf des entrevues rapides –, c’est qu’en fait les deux principaux protagonistes ne négocient pas tant entre eux qu’avec leurs « opinions publiques » respectives. Les petites phrases que lance Mgr Fellay dans des entretiens journalistiques (à Toronto, il se dit prêt à accepter un « compromis provisoire » ; aux Etats-Unis, le voilà disposé à recevoir à Écône un « observateur » et même… à reconnaître que Vatican II a eu quelques bonnes intuitions) visent Rome bien sûr, mais visent surtout ses propres troupes, via ce discours adressé à Rome, afin de les préparer à un armistice. De même, lorsque le Pape commente Summorum Pontificum, lorsqu’il écrit une lettre aux évêques pour expliquer la levée de l’excommunication des quatre évêques de la FSPX ou lorsqu’il prépare un Motu Proprio pour réorganiser le « système » Ecclesia Dei en le rattachant à la Congrégation pour la Doctrine de la foi, c’est à l’épiscopat du monde qu’il cherche à faire passer le message selon lequel le Concile peut s’interpréter tout autrement qu’on l’a fait jusqu’à présent. 2°/... 
Les réseaux du cardinal Sodano (4): au coeur de la toile
Un livre qui vient de sortir, « Vaticano SpA » (La société par actions du Vatican) de Gianluigi Nuzzi, se basant sur les archives gardées secrètes de Monsignor Renato Dardozzi, met en lumière les étranges affaires financières de l’IOR, l’Institut des Œuvres de Religion, la banque du Vatican, dans la période qui va de 1974 à la fin des années 90. Tout le monde sait que le pape Benoît XVI veut « assainir » la Curie. Mais justement, on peut se demander si certains ne s’emploient pas aujourd’hui à remuer une vieille poussière pour occulter ce qui s’est passé après cette date. Ce qui s’est passé après cette date, c’est l’installation d’une autre SpA, celle du cardinal Angelo Sodano. Ce sera le sujet de mes prochains articles. D’abord, pour bien comprendre, comment au cœur du Vatican, à la dernière loggia du collège éthiopique, s’est installée la coupole de cet empire, qui a perdu son consulteur financier et bienfaiteur très libéral, le P. Maciel, il faut connaître l’organisation de la toile Sodano : 1/ Deux anciens secrétaires : Mgr Thimoty Broglio, devenu évêque aux Armées des Etats-Unis, et Mgr Piero Pioppo, aujourd’hui conseiller diplomatique à la première section de la Secrétairerie d’État (cette section de la Secrétairerie d’État correspond en gros à la Présidence du Conseil en Italie, ou aux services du Premier Ministre en France). Mais Mgr Pioppo est surtout Prélat (c’est-à-dire directeur) de l’Institut pour les Œuvres de Religion : c’est le directeur de la banque du Saint-Siège, le nouveau Marcinkus. 2/ Deux banquiers argentins, qui étaient diplomates auprès du Saint-Siège à l’époque de Menem : Juan Esteban Caselli, qui apparaît dans l’Annuario comme « gentilhomme de Sa Sainteté » et comme membre du conseil d’administration de la Fondation San Matteo, aux buts indéfinis (œuvres... 
Belgique : un nonce pour nommer un syndic de faillite!
Le nouveau nonce en Belgique vient d’être nommé. Il s’agit de Mgr Giacinto Berloco, jusqu’à présent nonce apostolique au Venezuela. Italien, 67 ans, il était nonce à Caracas depuis février 2005. Auparavant, il avait été nonce au Salvador, au Costa Rica, au Zimbabwe et délégué apostolique au Mozambique. Cette nomination très attendue suit l’incident diplomatique surréaliste entre le Royaume de Belgique et le Saint-Siège, suite à une déclaration hostile du Parlement belge à Benoît XVI, au mois d’avril, après… la polémique sur le préservatif. Le nonce Berloco est donc d’abord nommé pour dire : « On arrête les histoires belges ! » Mais sa vraie  mission est de trouver un remplaçant au cardinal Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, primat de Belgique, viscéralement hostile au pape Benoît XVI, et qui a atteint les 75 ans depuis l’an passé. Le cardinal Danneels est un des principaux fossoyeurs de l’Église belge. Nous y reviendrons. Nous reviendrons aussi sur les noms qui circulent pour sa succession. A la vérité, c’est pour nommer le syndic de faillite que Giacinto Berloco arrive à Bruxelles!  Lire plus →
Mgr Fellay est-il sur le point d’accepter un « statut transitoire » de Rome ?
Plusieurs « sources » à Rome le soutiennent. L’épineux problème des ordinations de prêtres de la Fraternité Saint Pie X en Allemagne, à Zaitzkofen, a suscité de vives réactions d’évêques de ce pays allant même jusqu’à exiger de Rome une « ré-excommunication » des évêques sacrés par Mgr Lefebvre en 1988. Cette « exigence » est jugée, au Vatican, comme peu « amicale » envers Benoît XVI  et d’aucune utilité dans ses efforts de réconcilier la FSPX. Le communiqué d’avant-hier de la salle de presse du Saint-Siège doit s’entendre aussi comme un accusé de réception « sans suite » de la démarche épiscopale allemande. Voire comme une façon de prier les évêques allemands de ne plus bouger. En effet, tout en rappelant l’illégitimité des ordinations sacerdotales programmées ce mois-ci par les lefebvristes, aucune sanction canonique n’est annoncée ou sous-entendue au cas où cette action se déroulerait. Au contraire, si je peux dire, la salle de presse annonce l’imminence d’un Motu Proprio (sans utiliser cette expression) sur le nouveau statut de la Commission Ecclesia Dei dans le cadre de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Ce document du pape « serait proche et ce statut constituera le préalable à l’engagement d’un dialogue » avec la FSPX. On ne peut donc pas leur reprocher aujourd’hui d’agir dans le cadre de leur « culture d’entreprise » puisque le cadre, le « préalable », de la « culture de dialogue » n’est pas encore en place. Ce sera peut-être différent après la publication du Motu Proprio annoncé… La rencontre entre les membres du Saint-Office et Mgr Fellay de la semaine passée n’a certes pas porté sur un “statut transitoire”. Mais l’idée fait son chemin des deux... 
Un nouveau cérémoniaire du Pape
La récente nomination de Mgr Marco Agostini semble être passée totalement inaperçue. Pourtant, il ne s’agit pas d’un poste insignifiant – surtout sous le pontificat de Benoît XVI! Mgr Agostini a en effet été nommé cérémoniaire pontifical, le 15 juin. Jusqu’à présent, il travaillait à la Secrétairerie d’Etat, pour la section chargée des relations avec les Etats (dirigée par Mgr Mamberti). Mgr Agostini rejoint ainsi « l’équipe » de Mgr Guido Marini. Cette équipe de cérémoniaires pontificaux joue un rôle d’autant plus important dans la lente « réforme de la réforme » que la technique de Benoît XVI en matière liturgique consiste essentiellement à montrer l’exemple (nous l’avons vu dernièrement avec la communion que le souverain pontife ne donne plus que selon la forme traditionnelle).  Lire plus →
Culte divin: une nomination attendue
La nouvelle vient de tomber officiellement! Et elle confirme ce que nous avions signalé la semaine dernière, à la suite d’Andrea Tornielli (voir notre article Di Noia au Culte divin ). Malgré les tentatives en sens contraire des « anti-bénédictins » (c’est-à-dire des adversaires de la « réforme de la réforme »), malgré les rumeurs et les intoxications, le RP Joseph Augustin Di Noia vient donc d’être nommé secrétaire de la Congrégation pour le Culte divin. Il est par la même occasion élevé à la dignité d’archevêque titulaire d’Oregon City. Aux côtés du cardinal Cañizares, nous avons donc, comme il était prévisible, un « ratzingérien » pour traiter ce dossier, stratégique entre tous pour le pontificat de Benoît XVI, qu’est la liturgie. Il reste à présent à suivre de près la nomination du sous-secrétaire de cette Congrégation pour le Culte divin. Ce dernier aura en effet d’autant plus d’importance que ses deux supérieurs hiérarchiques directs ne sont pas connus pour être des liturgistes (le cardinal Cañizares s’est surtout fait remarquer pour son combat courageux contre la politique du gouvernement Zapatero en matière de bioéthique, de respect de la vie et de la famille; quant au père Di Noia, c’est un théologien de grande valeur, qui s’est notamment illustré dans le domaine si délicat de la « théologie des religions »).  Lire plus →

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