La bourde du Père Lombardi: Benoît XVI et les Jeunesses hitlériennes
L’aura-t-on assez entendu que ce voyage de Benoît XVI en Terre sainte était « à hauts risques »? La sollicitude des médias français pour l’image du pape est décidément touchante! En tout cas, grâce à eux, nous savions que le pape serait mal accueilli à cause, pêle-mêle, de la prière du Vendredi saint, de Mgr Williamson… et de la proximité du pape allemand avec le nazisme! Naturellement, il n’a pas été si mal accueilli que cela. Mais la question du « nazisme » du pape a été plusieurs fois évoquée par des personnalités politiques, religieuses ou médiatiques, en marge du voyage. Ainsi le président du Parlement israélien, Reuven Rivlin, a-t-il déclaré: « Avec tout le respect dû à Sa Sainteté, on ne peut ignorer le fardeau qu’il porte, en tant que jeune Allemand ayant rejoint les Jeunesses hitlériennes et en tant qu’adulte ayant rejoint l’armée d’Hitler, qui a été un instrument de l’extermination ». A quoi, le père Federico Lombardi, sj, directeur de la salle de presse du Vatican, a fait une réponse catégorique: « Il [le pape] n’a jamais été dans ce mouvement de jeunesse idéologiquement lié au nazisme » a-t-il déclaré à l’AFP. Ce démenti a été aussitôt attaqué par plusieurs médias (dont, à nouveau, l’AFP). Et c’était facile: le cardinal Ratzinger avait lui-même déclaré avoir été incorporé de force dans ce mouvement. Précisons un peu: en 1936, l’adhésion à la Hitlerjugend (HJ) est devenue obligatoire pour tous les jeunes Allemands, dès leurs 14 ans révolus. Comme beaucoup de catholiques, Joseph Ratzinger (en parfait accord avec sa famille) refusa de collaborer avec le régime national-socialiste. Mais, les régimes totalitaires se soucient peu des opinions dissidentes. Et, comme toute sa classe d’âge, il ... 
Légionnaires du Christ : les nouveaux jésuites, mais… (3)
Marcial Maciel Degollado est né le 10 mars 1920, à Cotija de la Paz, au Mexique. Ce conquistador de Dieu fait partie du monde catholique mexicain proche des Cristeros, qui cultive le souvenir de leur glorieux martyre. L’évêque de Cuernavaca accepte son projet de fondation en 1941, avant même qu’il ne soit prêtre, en 1946. Il veut créer et diriger une élite destinée à une gigantesque reconquête catholique et sociale.   Ce n’est cependant qu’en 1965 que la Légion du Christ devient congrégation de droit pontifical. Sa croissance foudroyante avait fini par emporter les inquiétudes : elle est présente dans une vingtaine de pays, dont la France (un patronage à Paris, un petit séminaire en Seine-et-Marne, deux écoles dans le 92), mais surtout en Amérique du Sud, Mexique, aux Etats-Unis. Elle compte plus de 800 prêtres et plus de 2500 séminaristes. Une branche associée, le Regnum Christi, de laïcs, diacres et prêtres, avec 65 000 membres répartis dans tous les continents, avec 22 centres universitaires, 158 écoles, coordonne 340 000 volontaires engagés dans des programmes d’action sociale, familiale, d’évangélisation. Il est, entre autres, à l’origine de l’organe de presse Internet universellement connu, Zenit.org, qui diffuse les informations sur les activités du pape et du Saint-Siège. On a souvent dit que la Légion du Christ prenait le relais d’une Compagnie de Jésus gangrénée par le progressisme. Mais le colosse avait des pieds, disons d’argile. Jean-Paul II qui l’a protégé avec enthousiasme, était déjà fort malade lorsque les rumeurs de scandale n’ont plus pu être étouffées, à la fin des années 90. En réalité, les premières accusations graves contre Marcial Maciel étaient apparues… dès 1956, au point qu’il avait dû s’écarter quelques temps de la Légion.   (à suivre)  Lire plus →
Légionnaires du Christ : au commencement était l’ambiguïté (2)
Les commissaires qui vont « visiter » les Légionnaires, et qui sont bien ceux que nous avions annoncés dans un précédent article, vont avoir fort à faire. On peut discuter du style des Légionnaires, de l’exercice volontiers manipulateur de l’autorité. On pourrait aussi épingler leur « neutralité » dans les grandes questions doctrinales depuis 40 ans : jamais le RP Maciel n’a eu d’état d’âme sur la liberté religieuse, l’œcuménisme et la réforme liturgique, à la différence de Mgr Escrivá de Balaguer, le fondateur de l’Opus Dei. Les rapports ultra prudents des Légionnaires avec les traditionalistes, notamment français, sont une erreur tactique colossale du père Maciel, qui n’était pas un Européen. Mais on doit reconnaître qu’ils ont porté des fruits exceptionnels, missionnaires, sacerdotaux, caritatifs, bioéthiques, catéchétiques, d’enseignement. Et aussi des fruits politiques : ils ont participé à la résistance efficace d’une partie de l’Église d’Amérique à l’emprise du marxisme et de la théologie de la Libération. En fait, tout se mélange chez eux : l’autorité exercée comme toile d’araignée très serrée, avec une culture de la délation « pour le bien » comme chez les jésuites de jadis ; une piété édifiante des prêtres, mais un conformisme cultivé jusque dans le détail (costume, coiffure, style chaleureux, guitare, etc.) ; une dévotion émouvante à la Vierge, mais une séparation scandaleuse des séminaristes d’avec leur familles ; un zèle apostolique actif, mais un contrôle poussé des personnalités (jusque dans la curiosité intellectuelle) ; une grande chaleur humaine de type latino-américain… Qui donc était l’étrange Marcial Maciel ? (à suivre)  Lire plus →
Un « bénédictin » au Culte divin?
Nous parlions voici deux jours des rumeurs concernant le départ de Mgr Ranjith à Colombo (Sri Lanka). Le blog du Fr Zuhlsdorf (http://wdtprs.com/blog/2009/05/the-struggle-over-the-secretary/) apporte quelques utiles précisions sur le profil de l’éventuel successeur du secrétaire de la Congrégation du Culte divin. Il suggère joliment que le nouveau préfet, le cardinal Cañizares aurait réclamé le maintien en poste de Mgr Ranjith, ou, à défaut, la nomination d’un « bénédictin ». Naturellement, « bénédictin » ne s’entend pas ici de l’ordre monastique – même si les bénédictins n’ont plus à prouver leurs compétences liturgiques -, mais de la ligne doctrinale de Benoît XVIen matière de « réforme de la réforme ». Si les informations et les déductions du Fr Zuhlsdorf s’avéraient justes (et je crois qu’elles le sont), le portrait-robot du futur secrétaire de la Congrégation (à condition que Mgr Ranjith quitte effectivement Rome) se précise: un anglophone, probablement un liturgiste confirmé au plan universitaire, et maintenant « bénédictin », c’est-à-dire favorable d’une part à la réforme de l’ordo de Paul VI et d’autre part au missel romain traditionnel.  Lire plus →
Ranjith back to Rome?
Le blog de Tornielli, un des vaticanistes les plus compétents, signale que la nomination de Mgr Ranjith à Colombo (Ceylan) tarde à venir. http://blog.ilgiornale.it/tornielli Depuis déjà un certain temps, Mgr Ranjith est nommé archevêque de Colombo, mais sa démission de la Congrégation pour le Culte divin et sa nomination à Colombo, qui devaient être publiées depuis quinze jours ne l’ont pas été : c’est un gros « bras de fer » en coulisse.Il semble que le cardinal Cañizares, préfet de la Congrégation, insiste pour différer cette nomination. Il y a plus d’une semaine, il a dû entrer à la clinique Gemelli en raison d’une thrombophlébite. Et on comprend qu’il ne soit pas pressé de se séparer, peu après son arrivée à Rome, de l’efficace secrétaire de ce dicastère stratégique. Le cardinal Cañizares, ancien archevêque de Tolède (Espagne), est, comme Mgr Ranjith, sur la ligne ratzingérienne de la « réforme de la réforme » – il était d’ailleurs surnommé « il piccolo Ratzinger ». Parmi les rumeurs, la plus sûre semble être celle qui dit que Mgr Ranjith serait remplacé par un anglophone. L’une parle d’un Australien. Une autre, qui circule en Angleterre, avance même le nom de Mgr Arthur Roche, évêque de Leeds, qui se voyait bien dans le rôle d’archevêque de Westminster, c’est-à-dire de chef de l’Église en Angleterre et au Pays de Galles, mais auquel le pape a préféré Mgr Vincent Nichols, l’archevêque de Birmingham. Mais d’autres noms sont possibles. Une nomination à suivre de près…  Lire plus →
Les conversations doctrinales Rome/FSSPX ? Mais elles ont déjà eu lieu !
Une rumeur persiste que ses supposés protagonistes n’ont ni infirmé ni confirmé. Un an avant la mort du pape Jean-Paul II, le cardinal Ratzinger aurait donné mission à un groupe de théologiens d’entamer des discussions théologiques discrètes avec la FSPX, fondée par Mgr Marcel Lefebvre. Elles se seraient déroulées en France jusqu’en 2008, avec la participation d’évêques de ce pays et sous le double patronage du GREC (Groupe de Rencontre entre Catholiques, qu’anime le Père blanc français Michel Lelong) et de la revue Nova et vetera dont le rédacteur de l’édition française est le dominicain suisse et théologien thomiste Charles Morerod. Or, ce groupe de théologiens était en quelque sorte « présidé » par le RP Morerod lui-même, lequel vient, le 22 avril, d’être nommé par le pape secrétaire de la Commission théologique internationale (CTI)… De quoi donner de la consistance à cette rumeur, d’autant plus que le RPMorerod n’a pas craint de débattre publiquement à Paris en février 2008 lors d’une session du GREC avec l’abbé Grégoire Celier, prêtre de la FSSPX – que l’on dit être un des désignés par ses supérieurs pour les discussions avec Rome –, sur le thème central de l’autorité de Vatican II. L’abbé Celier et le RP Morerod firent chacun un exposé pour répondre à la question de la session : « Vatican II et les autres conciles œcuméniques. Réviser et/ou interpréter certains passages de Vatican II ? ». Pour l’abbé Celier, Vatican II n’étant pas normatif pour la foi ouvrait donc droit à la discussion sur des points disputés depuis 40 ans (œcuménisme, liberté religieuse…). Pour le RP Morerod, la réception de Vatican II ne peut s’admettre sans une grande attention à la pérennité du Magistère antérieur. La session de ce soir-là ressemblait un peu à un « bilan... 
Les Légionnaires du Christ : refondation ou disparition ? (1)
Quand un plein panier de pommes contient des fruit pourris, que faites-vous ? Vous jetez les pommes gâtées pour ne garder que les fruits sains ou vous mettez tout aux ordures, les mauvais fruits comme les bons – et le panier par-dessus le marché ?  Avec la visite canonique des Légionnaires du Christ que le cardinal secrétaire d’État Bertone a annoncée en mars dernier, la question se pose. La révélation des turpitudes du fondateur, le P. Marcial Maciel Degollado, a jeté l’opprobre sur la congrégation qu’il a fondée au Mexique en 1941 mais qui n’a été reconnue de droit pontifical qu’en 1965. Il y a ceux, au premier rang desquels Benoît XVI, qui voudraient qu’on sauve ce qui peut être éventuellement sauvé après un “audit” approfondi des affaires financières et morales peu ragoûtantes dans lesquelles ont trempé le RP Maciel, ses complices de l’intérieur de la Légion et ses “protecteurs” du dehors – et jusque dans la Curie. Et puis, il y a les autres qui, au motif de bien des canailleries réelles, voudraient à tout jamais voir disparaître – morta la bestia, morto il veneno – une congrégation “conservatrice” forte de plus de 800 prêtres, de trois fois plus de séminaristes, rassemblant près de 70 000 laïcs dans sa branche associée, Regnum Christi, et qui coordonne 340 000 volontaires engagés dans des programmes d’action sociale, familiale et d’évangélisation une trentaine de pays. La liste des quatre commissaires constituant la visite canonique de la congrégation n’est pas encore connue. Leur rôle, si. Ils devront, en prenant tout le temps nécessaire tout examiner dans le détail, recueillir une foule de témoignages, scruter les archives, examiner les comptes, écrire la vie du P. Maciel, dresser la liste de ses relations, de ses donateurs, de ses protecteurs, de ses obligés aussi, s’efforcer... 

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