L’abbé de Tanouarn parle sur son blog de la « fides islamica »… pour douter de l’existence de cette foi:
« L’islam est essentiellment une loi (charia), une pratique collective. Mais quand on y réfléchit, sur quoi porterait la foi musulmane dont parlait M. Fillon à Argenteuil – au nom de l’islam de France – à la fin du mois de juin ? M. Fillon, excluant de son propre chef de l’islam des personnes qui « déshonorent la foi musulmane » tient un discours chrétien sur l’islam. Jusqu’à excommunier lui-même les musulmans qui ne lui plaisent pas (et qui, n’ayant pas reçu le carton d’invitation pour l’inauguration de la Mosquée, n’étaient pas là pour l’entendre). Il montre que la République croit avoir dans l’islam un autre christianisme. En réalité l’économie religieuse de l’islam est toute différente de l’économie chrétienne. Elle repose sur cette observation de la loi, dont le Christ et saint Paul après lui nous ont libéré il y a deux mille ans. »
Une chose me frappe en tout cas: les Français sont tellement imprégnés de christianisme, même quand ils sont francs-maçons, anticléricaux ou laïcards, qu’ils ne parviennent pas à imaginer une religion où le problème central n’est pas de comprendre ce que Dieu dit, avec (toujours) le risque de l’interprétation, et (parfois) l’aide et l’appui du magistère.
Pour l’islam, les choses fonctionnent très différemment: il n’y a pas de magistère, pas d’interprétation, rien qu’une soumission – éventuellement à des directives absurdes ou contradictoires.
L’abbé de Tanouarn a raison: ne parlons donc pas trop vite de « foi musulmane »… ni même – rappelait naguère Alain Besançon – de « religion musulmane » qui serait une espèce de ces fameux « trois monothéismes ».
Il y a, en réalité, un abîme entre « foi musulmane » et foi chrétienne, entre « religion musulmane » et religion chrétienne. A tel point que les mots ne signifient plus la même chose et contribuent à aggraver la confusion générale…














