Vendredi 26 février 2010
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Décidément, chaque jour apporte son lot de révélations, d'éclaircissements… et de complications dans la complexe affaire de l'Académie pontificale pour la vie, dont le président Mgr Fisichella est
sur la selette depuis des mois en raison de sa déclaration au moins imprudente sur l'affaire de Recife au début de l'année dernière.
J'ai récemment découvert sur le site Americatho la déclaration de Judy Brown, l'une
des plus importantes figures du monde pro-vie américain qui explique les rebondissements récents de l'affaire:
"La contestation de la position de l’archevêque Mgr Rino Fisichella à la présidence de l’Académie pontificale pour la vie,
attendue par nombre de commentateurs, n’a pas eu lieu la semaine dernière lors de l’assemblée de l’Académie. Pourquoi ? Essentiellement en raison d’une décision politique prise par nombre des signataires de la lettre du 2 avril 2009 à Mgr Fisichella et d’une lettre subséquente adressée au cardinal Levada, le
1er mai 2009, cherchent à obtenir la correction d’une impression gravement trompeuse à propos de l’enseignement de l’Église à propos de l’avortement
direct créée par l’article de Mgr Fisichella dans L’Osservatore
Romano du 15 mars 2009.
Les raisons de cette décision politique furent doubles : (a) une contestation ouverte de Fisichella lors de l’assemblée aurait divisé l’Académie, pas nécessairement parce que les membres de
l’Académie étaient en accord avec son comportement mais parce que nombre d’entre eux auraient considéré inapproprié le fait de traiter ainsi une personnalité nommée par le Pape, qui se trouve être
également archevêque. De plus, une contestation ouverte par des Académiciens laïcs auraient fait courir le risque de voir la Curie serrer les rangs autour de Fisichella en raison de la culture
cléricale de cette entité, et ce malgré l’absence de soutien à son égard en plusieurs endroits. (b) Il existe une information crédible selon laquelle Fisichella est largement perçu au sein de la
Curie comme étant un président de l’APV inadéquat et il existe un espoir raisonnable que le Saint Père soit amené à reconnaître qu’il est nécessaire de lui fournir une occupation mieux adaptée à
ses capacités.
L’absence d’une contestation ouverte à l’égard de Fisichella a créé la malencontreuse impression que les Académiciens
soutiennent sa présidence, de manière résignée ou autre. Cette impression, il a évidemment tout intérêt à la faire circuler. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité."
En lisant ce texte de Judy Brown, je comprends mieux ce qui m'échappait: pourquoi l'explosion annoncée n'a pas eu lieu. Pourquoi, après la réunion de l'APV (et non pendant comme il eût été
logique), certains académiciens ont contesté la présentation qui était faite. Et pourquoi les nombreux académiciens qui avaient soutenu Mgr Sobrinho ont semblé partir en ordre dispersé dans cette
nouvelle controverse…
Par Vini Ganimara
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Mardi 23 février 2010
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06:14
Si Mgr Fisichella a cru avoir clos une année éprouvante avec la réunion (à huis clos et en l'absence de son principal adversaire, Mgr Schooyans) de l'Académie pontificale pour la vie, il en est
pour ses frais.
Le vaticaniste Sandro Magister, très "en pointe" dans ce dossier, vient de publier un nouvel article à propos de la déclaration des cinq académiciens dont j'ai parlé le 21 février. Cet article est intitulé
irrespectueusement, mais drôlement, à la manière des Romains: "l'Académie des querelleurs".
Magister cite en particulier un intellectuel non catholique, Ruggero Guarini, ayant pris parti pour la vie dans la triste affaire de Recife, et il montre le contraste saisissant entre cet
agnostique et le président de l'Académie pontificale pour la vie:
"Réfléchissant à l’affaire de ces jumeaux apparus dans le sein d’une
fillette de Recife violée par son beau-père mais éliminés ensuite par les médecins, je me surprends à penser qu’il me plairait, bien que je ne sois pas un militant anti-avortement, que ces deux
bébés soient nés. Pour quelle raison ?
Le véritable motif, c’est justement les circonstances particulières de cette histoire à la fois atroce et touchante : la conception de ces deux petits êtres, résultant d’un acte horrible mais pas
dépourvu pour autant du pouvoir de produire ce miracle qu’est la transmission de la vie, leur heureux développement dans le ventre d’une gamine qui ignore le caractère prodigieux du processus en
cours dans son petit corps, et enfin l’effet particulièrement sinistre de la sûreté de soi obtuse avec laquelle des gens tout à fait étrangers à cette chaîne d’événements surhumains se sont arrogé
le droit d’en empêcher l’aboutissement…
Quelle preuve éblouissante nous donne cette affaire du caractère irréductiblement mystérieux de la vie, de son ineffable valeur de don, du fait qu’elle ne nous appartient pas et qu’il est d’un
ridicule mortel de penser que l’on peut en disposer !".
Et Magister d'ajouter, ultime pierre dans le jardin de Mgr Fisichella: "Il aurait été beau que la controverse s’apaise sur la trace de ces mots si simples et si profonds. Des mots qui viennent non
pas du temple, mais de la "cour des Gentils" !"
Il n'est pas inutile d'ajouter que cette controverse entre Mgr Schooyans et Mgr Fisichella s'ajoute à une bataille feutrée, dont j'ai également parlé ici, les 4 et 6 septembre, entre grands médias italiens et notamment entre grands médias catholiques. En l'occurrence, "Il Foglio" a
clairement pris parti contre "l'Osservatore Romano" et Mgr Fisichella.
Affaire (complexe) à suivre…
Par Vini Ganimara
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Dimanche 21 février 2010
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11:31
Par le blog de notre consoeur Jeanne Smits, je prends connaissance de la
déclaration de Mgr
Schooyans, du Pr Luke Gormally, de Mme Christine de Marcellus Vollmer, du Dr Maria Smereczynska et du Dr Thomas Ward, membres de l'Académie pontificale pour la vie, rendant publique leur défiance à
l'égard du président de cette académie, Mgr Fisichella.
J'ai entendu récemment des catholiques français regretter cette prise de position publique et craignant que cela n'amène de nouvelles divisions. Personnellement, il me semble que la faute de Mgr
Fisichella dans l'affaire de Recife, il faudra bien soit qu'il déclare publiquement qu'il considère que la doctrine catholique interdisant, en toute circonstance, l'avortement est parfaitement
valide (et non abolie par la "pseudo compassion" dont parlait Mgr Schooyans), soit que ses supérieurs à la Curie romaine le désavouent publiquement.
Il aurait évidemment été préférable de ne pas étaler nos divisions sur la place publique, mais ce n'est pas le fait de Mgr Schooyans et de ses cosignataires!
Par Vini Ganimara
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Jeudi 18 février 2010
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06:27
J'ai déjà eu l'occasion de parler à plusieurs reprises de la douloureuse "affaire de Recife" et du rôle peu glorieux
qu'y avait joué Mgr Salvatore Fisichella, président de l'Académie pontificale pour la vie (notamment le 4 juin et le 15 juillet). L'affaire rebondit ces jours-ci, avec un réquisitoire cinglant
de Mgr Michel Schooyans, professeur émérite à l'Université catholique de Louvain, et membre de l'Académie pontificale de sciences sociales, de l’Académie saint Thomas d'Aquin et de l'Académie pour
la vie. Mgr Fisichella avait déjà été sommé, le 4 avril, par 27 des 46 membre de l'Académie pour la vie, de rectifier ses positions erronées ouvrant la voie à une pseudo justification l'avortement
prétendument "thérapeutique" - sommation que Mgr Fisichella avait dédaignée, manifestement soutenu à très haut niveau par la Secrétairerie d'Etat. Aujourd'hui, Mgr Schooyans "cogne" beaucoup plus
fort (et fort justement) dans un réquisitoire intitulé "Les pièges de la compassion", publié par le célèbre vaticaniste Sandro Magister, dont la phrase suivante résume la pensée:
"La pseudo-compassion, souvent invoquée en faveur d’auteurs d'actes en soi mauvais, tel l'avortement, conduit donc au scandale ; elle invite les autres à pécher gravement."
Et de conclure:
"Reste une question délicate mais incontournable. Puisque, dans les conditions rappelées, la sainte communion doit être refusée à un laïc, le code de droit canonique prévoit-il des mesures de
suspension, au double motif du scandale et de l’hérésie, pour les clercs manifestant publiquement leur pseudo-compassion pour les avorteurs?"
Excellente question!
Par Vini Ganimara
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Vendredi 29 janvier 2010
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16:45
Un lecteur, que je remercie vivement, apporte quelques précisions fort utiles à mon article du 27 janvier sur
l'Institut pour les œuvres religieuses : « Mgr Piero Pioppo a été confirmé en 2009 au poste de “Prélat de l'IOR”... Il faut savoir que ce poste, depuis la réforme de l'IOR sous le pontificat de
Jean-Paul II, est plus symbolique que décisionnaire... Le vrai pouvoir à l'IOR est détenu par le directeur (un laïc : Gotti Tedeschi), par le cardinal Secrétaire d'État (Bertone) et par la
commission des cardinaux membres. Mgr Pioppo fut confirmé dans ce “placard doré”, en attente d'une promotion archiépiscopale (nonciature) et aussi parce que le cardinal Secrétaire d'État émérite
Sodano, en tant qu'actuel doyen du Sacré Collège avait le privilège de part sa fonction de garder un secrétaire particulier “de luxe” (conseiller de nonciature de 1ère classe). »
Par Vini Ganimara
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