A la veille de la béatification du cardinal Newman, je retrouve sur internet un texte célèbre du grand théologien britannique sur les rapports de la conscience et du dogme:
« Si, après un dîner, j’étais obligé de porter un toast religieux – ce qui évidemment ne se fait pas – je boirais à la santé du Pape, croyez-le bien, mais à la conscience d’abord, et ensuite au Pape. [...] Mais de peur que ma pensée ne soit mal comprise, je tiens à répéter que lorsque je parle de la conscience, j’entends la conscience telle qu’elle est en vérité. Si elle a le droit de s’opposer à l’autorité suprême du pape, lorsque celle-ci n’est pas infaillible, elle doit être autre chose que ce misérable faux-semblant qui, comme je l’ai dit, prend maintenant le nom de conscience. [...] Le chrétien doit vaincre dans sa nature cet esprit vil, étroit, égoïste, et bas qui pousse, dès qu’on entend parler d’un ordre, à se placer en opposition avec le supérieur qui donne cet ordre, à se demander si le supérieur n’outrepasse pas son droit, et à se réjouir d’introduire le scepticisme dans le jugement et dans l’action. Il doit renoncer à toute détermination obstinée d’exercer le droit de penser et de dire tout ce qu’il lui plaît. [...] Si cette règle nécessaire était observée, les conflits entre l’autorité du pape et l’autorité de la conscience seraient extrêmement rares. »
Voilà qui nous mène évidemment bien loin des théologiens dissidents qui prétendent régler tout le dogme catholique sur ce qu’ils peuvent en admettre, et régler toute la morale catholique sur ce qu’ils estiment que le « catho moyen » (si possible non éclairé par le Magistère) est capable de pratiquer!
Source: Salon beige
















Ce texte du Cardinal bientôt béatifié m’a toujours réjoui. Il illustre l’enseignement unanime de l’Eglise depuis saint Paul jusqu’au Concile Vatican II, lequel, dans la Constitution pastorale Gaudium et Spes, au n° 16, écrit ceci ( de doctrine « irréformable », comme on dit en théologie) : « Au fond de sa conscience, l’homme découvre une loi qu’il ne s’est pas donnée à lui-même. Cette voix, qui ne cesse de le presser d’aimer le bien et d’éviter le mal, au moment opportun résonne dans l’imitité de son coeur en disant : ‘Fais ceci, évite cela!’ C’est une loi inscrite par Dieu au coeur de l’homme. Sa dignité est de lui obéir, et c’est elle qui le jugera. La conscience est le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où Sa voix se fait entendre. » Dans la même ligne, et en prolongement, sont les enseignement du Décret Dignitatis Humanae, sur la liberté religieuse, du même Concile Vatican II. Ce que ce Concile avait dit sur la conscience morale des chrétiens, il l’étendait évidemment à tous les êtres humains, puisque cet enseignement relève en premier de la loi naturelle.
Tel est bien le sens de la Liberté Religieuse au sens du Catéchisme de l’Eglise Catholique. (rien à voir avec une pseudo liberté de choisir une religion).