Ces dernières semaines, les critiques pleuvent contre le pape, qui ferait du « marketing » à l’occasion de sa visite en Grande-Bretagne. On le sait : pour avoir accès aux cérémonies avec le pape, le public devra payer.
L’information a de quoi surprendre mais encore faut-il ne pas la déformer. Comme le P. Lombardi l’a rappelé le 17 août sur Radio Vatican, ce n’est pas le Saint-Siège qui a demandé de faire payer les pèlerins. Mais son démenti est évidemment moins relayé par la grande presse que les amalgames auxquels il répond!
On a du mal à croire que des journalistes professionnels ignorent le chaos dans lequel les évêques anglais, gallois et écossais préparent cette visite pontficale. Est-ce de la rétention d’information volontaire ? En Grande-Bretagne, en effet, le côté anarchique de l’organisation de cette visite est notoire, à tel point que la reine s’en est émue. Les évêques britanniques ont créé un tel imbroglio que, début juin, le gouvernement a placé en catastrophe Lord Patten (une grande pointure (post)catholique) comme coordinateur de cette visite.
Le 8 juin, Mgr Summersgill, coordinateur en chef pour la conférence épiscopale, prétendait que tout avançait normalement. Prétention difficile à croire, puisqu’à ce moment-là les « organisateurs » ecclésiastiques n’avaient encore réussi à fixer le lieu d’aucune des trois grandes apparitions du pape (13 semaines avant son arrivée !) et en rejetaient la responsabilité sur le gouvernement…
Dans ce fiasco, le logistique et le financier sont allés main dans la main. Le 11 juin, on apprenait par le « Tablet » (l’équivalent britannique de « La Croix ») que le pape béatifierait sans doute le cardinal Newman… dans une usine automobile désaffectée!!!
C’est que le budget prévu initialement avait plus que doublé, et que l’épiscopat britannique ne pouvait plus payer la location de l’aéroport de Coventry, originellement annoncé pour la cérémonie. Et le reste de l’« organisation » de la visite est à l’avenant. Pour s’en faire une idée, on peut lire les nombreux articles de Damian Thompson et de ses confrères du « Daily Telegraph » et du « Catholic Herald ».
Dans ces circonstances, faut-il alors s’étonner que les évêques britanniques aient décidé de faire payer les accès aux événements avec le pape ? Il faut dire qu’en autres choses ils se sont adressés à WRG, une des agences d’événements les plus en vue (elle fut beaucoup sollicitée par Tony Blair) et donc les plus coûteuses du royaume…
Golias et la grande presse font-ils seulement semblant ou ignorent-ils vraiment ce qui est archi-connu de la presse en Grande-Bretagne ? Pour l’honneur du pape, et même par simple souci de la vérité, ces rectifications doivent être connues. Ce serait un comble qu’on fasse retomber sur Benoît XVI le fiasco de l’establishment ecclésiastique britannique, et que cette manipulation serve, une fois de plus, à une campagne de dénigrement du pape!
















Pourquoi qualifier Lord Patten de « (post)catholique »?
Que vous le vouliez ou non, obliger les fidèles À PAYER POUR ASSISTER À LA MESSE est objectivement simoniaque ; et la responsabilité du Pape ne peut être écartée : à qui voudriez-vous faire croire qu’il ignore ce qui sera ?
Tres bon article, merci. Je suis etone de voir que sur la terre terme vous decrouvez seulement maintenant tout cela, que tout le monde connait ici. Nos eveques font un terrible confusion et le pape va arriver au milieu de l’ambiance marketing et improvisation totale. Des pretres britanniques conseillent leurs amis de France, Italie etc. de ne pas venir car se sera un chaos.
Les eveques britanniques ont fait payer parce qu’il leur manquait 7 millions de livres!! Ce sont des administrateurs catastrophiques. Il est trop tard pour Lord Patten de recuperer ce chaos. Et a propos, je suppose que l’article l’appelle postcatholique parce qu’il est de tendance « The Tablet », qui n’a comme catholique que le nom.
Castellani, le pape ne l’ignore sans doute pas mais je trouve assez osé (c’est un euphémisme) d’en faire porter la responsabilité au pape! N’avez-vous jamais entendu dire qu’il y a des évêques qui désobéissent à tour de bras? Pour le dire autrement, connaissez-vous beaucoup d’évêques britanniques qui obéissent au pape? Et la bureaucratie des commissions des conférences épiscopales d’Ecosse et d’Angleterre-Pays de Galles encore moins.
Si ces gens résistent quand on leur demande de prêcher la foi clairement, de cesser les fantaisies liturgiques, de réviser la formation des séminaristes etc., a fortiori pour l’organisation de la visite papale. Ne mettez pas sur le dos du pape les scandales de ceux qui transgressent ses ordres.
Il me semble aussi qu’il est un peu fort de faire porter au pape la principale responsabilité de ces « tickets d’entrée ». J’ai lu les articles du lien qui est donné http://blogs.telegraph.co.uk/news/tag/papal-visit/page/2/ et on voit combien l’épiscopat britannique a imposé au pape des choses contre sa volonté: ils ont déterré des carnets de chant, des bannières etc. dans le pire style « années 70″, qui avaient servi… pour la visite de Jean-Paul II en 1982! L’office des célébrations papales a dû se battre simplement pour faire annuler les chants « in » prévus pour la béatification de Newamn et les faire remplacer par une messe du compositeur Mc Millan (qui est d’ailleurs très engagé pour le motu proprio).
Bref, il est évident qu’il y a une désobéissance massive de l’épiscopat local dans cette affaire et que le pape a été court-circuité.
Il est quand même trop facile d’exonérer la responsabilité du Pape dans les arcanes de son voyage au Royaume uni.
Le chef de l’Eglise catholique c’est le saint Père, successeur de saint Pierre, ou les évêques du pays visité ?
Faire payer les messes pour comblé le ‘trou’ du voyage, c’est tout simplement de la simonie.
Les évêques n’obéissent plus au Pape dîtes-vous ?
De qui se moque-t-on ? L’Eglise catholique n’est pas une organisation politique mais une communion de chrétiens sous la houlette de notre Seigneur JESUS-CHRIST.
Si les critères, fixés par le pape ne sont pas respectés, c’est, et cela reste de Sa seule responsabilité de REFUSER de se rendre à ce véritable guet-apens. S’il en est autrement, de facto, il cautionne tout son périple et se rend donc responsable de TOUTES les conséquences que ne manqueront pas d’avoir sur tout le peuple catholique le fiasco annoncé.
IL EST PLUS TARD QUE NOUS NE PENSONS.
Prions mes amis, prions l’ESPRIT-SAINT pour que le Chef de l’Eglise catholique retrouve toute son autorité conférée par Notre Seigneur et Rédempteur.
Maranatha !
Merci !
JFL
L’organisation de cette visite par la conférebnce épiscopale d’Anglettere et du Pays de Galles et par celle d’Ecosse est une catastrophe. Toute personne ayant des relations en Grande-Bretagne peut s’en assurer sans aucun effort. C’est notoire de l’autre côté de la Manche. Ces gens n’ont été capables de maîtriser ni leur budget ni l’organisation logistique. Mgr Summergill ferait mieux de démissionner.
De source sûre, j’ai appris que plusieurs évêques étrangers invités à la béatification du cardinal Newman n’ont toujours pas reçu leur invitation (le 27 août, donc 15 jours avant!!) et ne savent donc tojours pas où ils doivent se présenter, quand etc. (et bien entendu, même s’ils le savaient, ils n’ont pas reçu leur badge d’accès).
La honte doit retomber sur l’Eglise britannique, pas sur le pape!
Permettez moi cette mise au point.
1, L’acte annoncé est objectivement simoniaque.
2, Le Pape ne peut l’ignorer. D’où l’advertance suffisante de sa raison et de sa volonté à un acte objectivement mauvais. En d’autres termes, si l’acte devait être consommé, il serait FORMELLEMENT imputable au Souverain Pontife.
3, C’est avoir une curieuse conception du Catholicisme que de s’imaginer le Pape impeccable.
Castellani, cette polémique devient un peu ridicule.
Je parle pour moi, pas pour ce blog, mais je n’ai absolument pas une conception impeccable du pape. Ce que je trouve délirant, c’est le contraste entre la façon dont vous tapez sur le pape et votre absence absolue de critique vis-à-vis des évêques britanniques… qui sont tout de même les premiers responsables de ce scandale.
Cette disproportion dans votre appréciation en dit long.
Je parle du Pape parce qu’il est le chef visible de l’Église militante. Que la honte du Pape soit partagée voire amplifiée par celle des évêques britanniques, quelle consolation !