Ministère pétrinien, liberté et unité de l’Eglise
  Lors de la fête de saint Pierre et saint Paul, colonnes de l’Eglise romaine, Benoît XVI a déclaré: « Sur un plan historique, l’union avec le Siège apostolique assure la liberté des Eglises locales et des Conférences épiscopales par rapport aux pouvoirs locaux, nationaux ou supranationaux qui, dans certains cas, peuvent gêner la mission ecclésiale. De plus et de façon essentielle, le ministère pétrinien est une garantie de liberté dans le sens d’une pleine adhésion à la vérité, à la tradition authentique, de sorte que le Peuple de Dieu soit préservé des erreurs en matière de foi et de morale. » « La venue à Rome chaque année des nouveaux métropolitains qui reçoivent le pallium des mains du Pape doit être compris en son sens propre, comme un geste de communion, et le thème de la liberté de l’Eglise nous offre une clef de lecture particulièrement importante. Cela est évidemment le cas des Eglises marquées par les persécutions, soumises à des ingérences politiques ou à d’autres dures épreuves. Mais il faut également souligner le cas des communautés qui souffrent de l’influence de doctrines déviées ou de tendances idéologiques et pratiques contraires à l’Evangile. Le pallium est, en ce sens, un gage de liberté, comme le joug de Jésus qu’il nous invite à porter sur les épaules,…et au lieu de peser sur qui le porte, il le soulage. Ainsi, de même, le lien avec le Siège apostolique, bien que nécessitant un engagement, soutient le pasteur et la portion de l’Eglise qui est confiée à ses soins, en les rendant plus libres et plus forts ». Il a encore souligné la valeur œcuménique des paroles « les puissances des enfers ne prévaudront pas sur l’Eglise », puisque « un des effets typiques de l’action... 
Belgique : les perquisitions tournent au conflit Eglise-Etat (4)
    Le Saint-Siège semble avoir de moins en moins de scrupules à affronter un Etat belge qui lui fait des outrages répétés. On se souvient de l’ubuesque vote de la chambre basse du parlement belge (le 2 avril 2009) condamnant les propos du pape à propos du préservatif. Réputé « grand chrétien », le premier ministre Herman Van Rompuy avait fait suivre la protestation par la voie diplomatique, en disant avoir une « opinion qui s’écarte fortement de celle du pape » en matière de prévention. Toute l’affaire avait tant vexé le Saint Siège qu’elle semble avoir joué un rôle dans la nomination de Mgr Léonard à Malines, comme j’ai eu l’occasion de le dire voici quelques mois. Le problème est que Rome n’est pas encore entièrement sortie de ses illusions. Non seulement Mgr Léonard, qui ne manque pas une occasion de réaffirmer le principe de laïcité, n’était pas le meilleur choix s’il s’agissait de tenir tête à un Etat de plus en plus anti-chrétien, mais la liberté religieuse (Dignitatis Humanae) et l’ouverture au monde moderne (Gaudium et Spes), pour ne prendre qu’eux, ne mettent pas l’Eglise dans la position la plus facile pour résister à l’agressivité laïciste. En ce sens, cette crise est non seulement une occasion de purification pour l’Eglise, confrontée aux péchés abominables qu’on sait, mais aussi une épreuve qui invite à tirer au clair l’héritage doctrinal du concile Vatican II. En Belgique, à Rome ou ailleurs, les hommes d’Eglise sauront-ils saisir cette grâce ?        Lire plus →
Une religieuse française martyrisée par la Révolution
Le Salon beige propose une utile biographie de Marguerite Rutan, soeur de la charité, fondatrice de l’hôpital de Dax, guillotinée le 9 avril 1794 par les terroristes qui gouvernaient alors la France, et dont Benoît XVI vient de reconnaître le martyre : Marguerite Rutan naquit à Metz le 23 avril 1736. Sa famille, nombreuse (15 enfants) était fort modeste. Entrée chez les filles de la Charité, elle fut envoyée à Dax avec cinq autres sœurs, sur la demande de l’évêque, pour diriger l’hôpital qu’il construisait dans sa ville. Après la suppression des ordres religieux, les sœurs de St Vincent de Paul changèrent leur nom en celui de dames de la Charité et continuèrent avec le même dévouement le service des pauvres. Le 3 octobre 1793, les religieuses eurent à choisir : prêter serment à la Constitution ou être expulsées ? Toutes refusèrent de jurer. Les services qu’elles rendaient aux pauvres et aux malades de la ville étaient tels qu’on n’osa pas tout d’abord demander leur renvoi. La Terreur cependant, s’était installée à Dax : la maison des Capucins et celle des Carmes avaient été transformées en prison. A la fin de l’année, Sœur Marguerite fut accusée d’avoir«par son incivisme, cherché à corrompre et à ralentir l’esprit révolutionnaire et républicain» (des militaires en traitement à l’hôpital) et fut envoyée à la maison de réclusion des Carmes. Le 8 avril, la commission extraordinaire fit comparaître la religieuse, ainsi que le père Jean Eutrope de Lannelongue, curé de Gaube et prêtre réfractaire. Tous deux furent guillotinés le lendemain.Marguerite chanta le Magnificat dans sa marche vers l’échafaud, repoussa le bourreau en disant «Aucun homme ne m’a jamais touchée» puis ôta elle-même son mouchoir de tête et ses fichus de cou. NB: ceux qui auront la curiosité...