L’échiquier des nominations romaines : les « blancs » avancent, les « noirs » résistent
Congrégation des Évêques : – Mgr Monterisi, un « noir », Secrétaire de la Congrégation des Évêques, atteint par cette terrible maladie qu’est l’âge de la retraite, a dû démissionner. Mais il est élevé au poste d’archiprêtre de Saint-Paul-Hors-les-Murs, qui est une fonction où l’on devient cardinal. Cette nomination était attendue d’un jour à l’autre. Ce fidèle adjoint du cardinal Re n’a plus qu’à attendre la barrette rouge pour un Consistoire qui pourrait se tenir en juin 2010. – En revanche, la nomination de son remplaçant, comme nouveau Secrétaire de la Congrégation des Évêques, tout aussi attendue, celle du nonce en Espagne, Manuel Monteiro de Castro, un Portugais, est généralement considérée comme la nomination d’un « blanc ». C’est vrai, on lui reproche une grande lenteur pour instruire les dossiers de nominations. C’est vrai qu’il devait aussi tenir compte, en Espagne, de l’influence énorme du cardinal Rouco Valera, archevêque de Madrid, un cardinal Vingt-Trois espagnol mais plus combatif. Mais l’inclination naturelle de dom Manuel le porte vers les noms d’épiscopables vraiment classiques. Congrégation du Culte divin : Le cardinal Cañizares vient d’obtenir la nomination comme Sous-Secrétaire, aux côtés de Mgr Ward, un « noir », de Mgr Juan Miguel Ferrer Grenesche, vicaire général de Tolède, homme très savant dans les choses liturgiques, dans lequel il a toute confiance. Un « blanc », donc (avec un cas de figure rarissime : deux Sous-Secrétaires pour une même Congrégation). Aussi favorable à la forme extraordinaire que don Antonio, son Cardinal, don Juan Miguel a accompli une véritable « réforme de la réforme » à Tolède. En effet, l’antique rite mozarabe (rite latin wisigothique antérieur à l’introduction du rite romain en Espagne et conservé grâce à l’invasion musulmane), qui se célèbre encore dans quelques rares lieux de... 
Les finances du Vatican après Marcinkus (2) : les banquiers d’Amérique
Les juges cherchent, et ils trouvent. C’est pour une vilaine affaire de construction d’hôpital d’Asti, hôpital resté dans les cartons des architectes, mais qui avait tout de même coûté la bagatelle de 200 milliards de lires, qu’Alessandro Sodano se retrouva en prison en 1994. L’honneur de la religion, de la famille, de la Démocratie Chrétienne exigeait qu’on l’en sorte, quoi qu’il en coûte. Il en coûta quelque 9 milliards de lires. Mais le député malchanceux était le frère chanceux d’un cardinal de l’Église romaine, Secrétaire d’État, force de la nature et de la diplomatie romaine, puissante incarnation du retournement anti-progressiste accompli sous le pontificat de Jean-Paul II. Ces flots de lires couleront, et bien au-delà. Selon la presse italienne de l’époque, qui verse vite dans l’anticléricalisme, ils sortiront de deux « sources miraculeuses Â». La première sera ouverte par les amis argentins du cardinal, les deux ambassadeurs et hommes d’affaire, Juan Esteban Caselli, banquier qui avait été ambassadeur de son pays auprès du Saint-Siège, et un autre ex-ambassadeur de Menem auprès du Saint-Siège, Francisco Javier Trusso (qui finira en prison). La seconde source sera du côté des neveux, Andrea et Guido. Ils sont devenus amis de Raffaello Follieri, lui aussi homme d’affaire, dont le père Pasquale Follieri, a été mêlé aux procès des Tangenti dans les Pouilles, en Italie du Sud. Comment s’est faite la connexion entre les Sodano de Lombardie et les Follieri des Pouilles ? Des intérêts immobiliers dans les Pouilles, sans doute. Raffaelo Follieri, qui avait d’abord fondé une société pour vendre des parfums, puis avec son père Pasquale, une affaire bien plus importante, qui faisait rêver les journalistes, opérant, prétendaient-ils, avec l’Afrique et le Moyen Orient, de fabuleux marchés de cavernes... 
Légionnaires: les visiteurs apostoliques sont désignés…
Même si l’information ne sera officiellement rendue publique que ce 15 juillet, tout Rome est déjà au courant de l’identité des cinq visiteurs apostoliques qui vont avoir la délicate mission d’inspecter tous les établissements et maisons des Légionnaires dans le monde entier. C’est lors d’une réunion qui s’est tenue au Vatican le matin de samedi dernier, autour du cardinal-secrétaire d’État, Tarcisio Bertone, et qui a rassemblé l’américain William Levada, de l’ex-Saint Office et le slovène Franc Rodé, des Instituts de vie consacrée, que la liste des cinq prélats et leurs zones géographiques d’investigation ont été arrêtées. On avait aussi cité le nom du Polonais Stanislaw, du Conseil pontifical pour les laïcs, parmi le groupe des cardinaux réunis par le secrétaire d’Etat, mais l’information a été contredite. Voici la liste des cinq visiteurs apostoliques : – l’évêque Ricardo Watti Urquidi, de Tepic (Mexique) qui visitera les 44 maisons, 250 prêtres et quelque 120 séminaristes que comptent les Légionnaires au Mexique et en Amérique centrale ; – l’archevêque Charles Chaput, de Denver (Colorado, États-Unis) qui est chargé des États-Unis et du Canada où les Légionnaires disposent de 24 maisons, de 130 prêtres et de 260 séminaristes ; – l’évêque Giuseppe Versaldi, d’Allessandria della Paglia (Italie), qui va enquêter en Italie, en Israël, aux Philippines et en Corée du Sud (16 maisons, 200 prêtres et 420 séminaristes) – rien qu’en Italie : 13 maisons, 168 prêtres et 418 séminaristes) ; – l’archevêque Ricardo Ezzati Andrello, Concepcion (Chili), qui va se rendre au Chili, en Argentine, en Colombie, au Brésil et au Vénézuéla (20 maisons, 122 prêtres et 122 séminaristes) ; – l’évêque Ricardo Blazquez Pérez, de Bilbao (Espagne), qui va couvrir l’Espagne,... 
Démission de l’archevêque de Recife
Mgr José Cardoso Sobrinho, héros malgré lui d’une incroyable tempête médiatique et d’une vague de désinformation peu commune, était archevêque de Recife (Brésil). C’est lui qui a été accusé par la quasi totalité des médias (y compris l’Osservatore Romano!) d’avoir montré un visage odieux de l’Eglise, dans l’affaire de la fillette violée par son beau-père et enceinte de deux jumeaux. Rappelons que, dans cette affaire, le mot de l’archevêque, repris en boucle par tous les médias de la planète, concernant l’excommunication encourue par les acteurs d’un avortement n’était nullement une « sentence ». Pour la simple et bonne raison que ce mot a été dit avant l’avortement lui-même, au cours d’une conférence où l’archevêque tenait à rappeler la gravité de l’acte. Mais il est clair que pas plus la fillette que sa mère n’ont encouru cette sentence d’excommunication, la première parce qu’elle n’était pas majeure; la seconde parce qu’elle n’a pas pris sa décision librement. Je ne reviens pas là-dessus, l’affaire est bien connue. Mais, hier, le saint-père a accepté la démission de Mgr Cardoso Sobrinho, atteint par la limite d’âge. C’est l’occasion de rappeler que l’un des acteurs de cette triste histoire est aujourd’hui sous la menace d’un procès canonique. Mgr Salvatore Fisichella, président de l’Académie pontificale pour la vie, avait en effet écrit un article scandaleux (vraisemblablement sous la pression de Mgr Filoni - voir mon article à ce sujet) à la « une » de l’Osservatore Romano. Cet article était profondément calomnieux pour l’archevêque de Recife. Ce dernier s’est résolu à défendre son honneur d’évêque. Il a sollicité un droit de réponse, le 8 juin... 
Le cardinal Schönborn et le drame de l’Eglise autrichienne
Lors de la visite ad limina des évêques autrichiens, les 15 et 16 juin, le cardinal-archevêque de Vienne Christophe Schönborn a remis au Pape une pétition intitulée « Laieninitiative » (initiative des laïques). Cette pétition, signée de milliers d’Autrichiens, demande notamment que le diaconat soit ouvert aux femmes, que l’obligation du célibat pour les prêtres de l’Eglise latine soit abolie, que les prêtres mariés puissent reprendre leur ministère. Il est déjà étrange que le président d’une conférence épiscopale, primat d’un vieux pays catholique, et par ailleurs théologien réputé, joue les commissionnaires pour de telles pétitions. Il est plus étrange encore que l’archevêque de Vienne accepte sans barguigner de montrer dans quel état catastrophique est l’Eglise dont il a la charge (il est vrai que, de ce point de vue, la visite ad limina en question a tourné au réquisitoire, tant sont nombreux en Autriche les clercs concubinaires, pour ne rien dire de ceux qui vivent leur sacerdoce en bureaucrates repus et refusent d’administrer les sacrements en dehors des « heures ouvrables »…). Mais il est proprement stupéfiant que Mgr Schönborn se soit senti disculpé en disant simplement qu’il ne partageait pas les attendus de cette pétition. On l’espère! Il reste qu’en en communiquant le texte et les signatures à Rome, en priant le cardinal Hummes (préfet de la congrégation pour le clergé) de la « lire avec attention », au motif que cela représenterait l’opinion d’une part significative du laïcat autrichien, le cardinal a endossé une lourde responsabilité. Il est difficile de croire qu’il l’ait fait en toute inconscience. Il n’est pas moins difficile de considérer le cardinal-archevêque de Vienne comme un hypocrite, prétendant en quelque sorte... 

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